Epiceries solidaires en France

06/07/2012 - 12:20


L'objectif des épiceries solidaires et sociales est d'apporter une aide, principalement alimentaire, envers un public en difficulté économique, fragilisé ou exclu.

Dans des espaces aménagés en libre-service, aussi proche que possible d'un magasin d'alimentation générale, elles mettent à disposition de leurs usagers des produits variés et de qualité, moyennant une faible participation financière se situant autour de 20% du prix usuel. La contribution financière participe de la dignité des personnes et de la liberté de choix qui sont les valeurs fondamentales des Epiceries Solidaires. L'ambition d'une offre alimentaire participative, aussi proche que possible des circuits de consommation traditionnels, est de promouvoir l'autonomie des personnes et leur insertion durable.

Ces objectifs, tous communs, sont donc les principales préoccupations du projet "ESOL" retenu par "A Fundazione". La différence majeure avec ESOL, est que l'épicerie ne sera pas attachée à un lieu physique. Elle sera en ligne, sur Internet.

Selon le réseau des épiceries solidaires, en France, plus de 3,6 millions de personnes possèdent un montant de 7 euros par jour pour se nourrir et se vêtir, avec un seuil français de pauvreté, situé à 733 euros par mois et par personne seule. Si on se réfère au seuil européen qui s'élève à 880 euros par mois, ce sont 8,2 millions de personnes qui vivent dans la pauvreté. Ainsi une variation relativement faible du seuil retenu de 147 euros par mois a pour conséquence un doublement du nombre de personnes considérées comme pauvres. Cela illustre la grande précarité d'une large partie de la population, pour qui le moindre incident peut signifier le basculement vers une situation de pauvreté.

Selon l’Observatoire des Inégalités, la France comptait en 2007 environ 8 millions de personnes pauvres, soit 13,4% de la population. Par ailleurs, la récente crise économique et financière a entraîné une augmentation importante du nombre de bénéficiaires de l’aide alimentaire de 12,5% entre 2008 et 2009 et on estime aujourd’hui à 2,6 millions le nombre de personnes y ayant recours de façon passagère, régulière ou permanente. Une évolution du profil des bénéficiaires est également constatée, avec un accroissement marqué des personnes issues de familles monoparentales, des jeunes de moins de 25 ans et des retraités. Il faut toutefois rappeler que toutes les personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté ne sont pas en situation d’insécurité alimentaire et qu’une proportion non négligeable de personnes vivant au-dessus de ce seuil y est confrontée.

La croissance de la précarité en France est donc un sujet non négligeable dont il faut se préoccuper. Grâce à ces associations de plus en plus présentes dans les communes comme nous le montre "ESOL", les inégalités qui se creusaient au fur et à mesure tendent à diminuer, malgré des situations toujours extrêmes, entre l’artisan maçon soumis aux aléas du bâtiment et le chirurgien de renom.